Georges Dantant (1856-1925)

Publié le par La Lorraine et ses grands soldats

 

          Georges Victor Dantant est né à Bitche le 25 mars 1856. Sa mère ayant opté en son nom pour la nationalité française le 28 septembre 1872 à Condé-en-Brie, Georges Dantant contracte un engagement volontaire le 21 octobre 1875, et intègre l’Ecole de Saint-Cyr le même jour. Il en sort le 1er octobre 1877, classé 2e sur 345, et est affecté comme sous-lieutenant au 132e régiment d’infanterie de Reims. L’année suivante, il obtient une lettre d’éloges du ministre de la Guerre pour ses travaux dans l’exécution des plans directeurs des places fortes. D’octobre à décembre 1879, il suit les cours de l’école de tir de Châlons, où il se classe 5e sur 59 élèves et obtient une mention honorable avec citation au journal militaire officiel. En 1882, il fait  un stage de trois mois à la direction d’artillerie de Besançon. Nommé lieutenant le 13 octobre, il est détaché comme officier d’ordonnance du général Berge, commandant la 12e division d’infanterie puis gouverneur de Lyon.

         Le 21 mai 1883, Dantant est admis à l’Ecole Supérieure de Guerre, où il entre le 1er novembre classé 14e sur 72. Il en sort breveté d’état-major en novembre 1885 avec la mention très bien et classé 6e sur 66, et retourne auprès du général Berge, qui l’apprécie au plus haut point : « Si je l’avais pu, je l’aurais conservé jusqu’à la fin de ma carrière. Les hommes d’une éducation aussi achevée et aussi fins sont rares. Il a montré dans des circonstances très délicates la plus grande élévation de sentiments… (Il) est un des officiers les plus complets que j’aie rencontrés, et de ceux qui méritent le mieux d’arriver au sommet de la hiérarchie ». Il reste son officier d’ordonnance jusqu’au 15 mars 1890.

         Il effectue son stage d’état-major au 16e corps d’armée (30 novembre 1885), puis au 17e corps (1er avril 1886), avant d’être affecté au 17e régiment d’infanterie (27 avril). Il est promu capitaine au 7e d’infanterie le 22 octobre 1887, puis passe successivement au 15e régiment (23 avril 1888), au 75e (7 mars 1889) et au 99e (1er octobre 1889), qu’il rejoint au début de 1890. Dans son nouveau corps, le capitaine Dantant se signale rapidement par son zèle, sa loyauté et son dévouement : « (Il) est certainement, écrit le colonel Malaper, un officier des plus sympathiques, des plus complets et des plus brillants que l’on puisse rencontrer ». La compagnie qu’il commande durant trois ans est d’ailleurs considérée comme l’une des mieux tenues du régiment, tant par sa discipline que par son instruction. Du 22 juin au 2 août 1890, il participe à un voyage d’état-major dans les Alpes.

         Le 20 juin 1892, il est détaché au 2e bureau de l’Etat-major de l’armée, où ses travaux sont appréciés, en particulier ceux sur la tactique des armées étrangères. Au mois de septembre 1894, il est chargé d’accompagner les officiers étrangers aux grandes manœuvres. Le 20 mars 1895, il est muté, au sein de l’Etat-major, à la section d’Afrique, avant d’être nommé, le 12 décembre, officier d’ordonnance du général de Boisdeffre, chef d’état-major général de l’armée, au cabinet duquel il a été affecté en 1894, et qui écrit de lui : « Il réunit toutes les qualités qu’on peut souhaiter… Je ne saurais assez en faire l’éloge ».

         Le 7 avril 1896, Dantant est promu chef de bataillon et affecté au 79e régiment d’infanterie de Neufchâteau, où il commande le 4e bataillon. Le 23 juin 1898, il reçoit une lettre de félicitations du ministre de la Guerre pour une conférence sur la question d’Egypte faite devant la garnison de Nancy. Par décision ministérielle du 9 janvier 1899, il est mis en activité hors cadre pour être affecté au service d’état-major, et se voit confier la fonction de chef d’état-major de la 40e division d’infanterie à Saint-Mihiel. Le 2 avril 1902, il est promu lieutenant-colonel au 69e régiment d’infanterie de Nancy. L’année suivante, le 12 octobre 1903, il est nommé sous-chef d’état-major du 8e corps d’armée à Bourges, où ses qualités se confirment : « Justesse et netteté d’esprit, connaissance complète du service, fermeté de caractère et tact parfait… (il) est un officier hors pair ». Le 23 juin 1907, il est promu au grade de colonel et nommé chef d’état-major du 8e corps.

         Moins de deux mois plus tard, le 14 août, Dantant prend le commandement du 83e régiment d’infanterie de Toulouse. Il s’y révèle un brillant chef de corps, consacrant tout son temps à son régiment. Le 9 septembre 1909, il est placé en activité hors cadre et nommé chef d’état-major du 20e corps d’armée à Nancy, sous le commandement du général Maunoury. Le 20 juin 1911, il est fait général de brigade mais est maintenu dans ses fonctions. Le 30 octobre, nommé au commandement de la 33e brigade d’infanterie à Châteauroux, il quitte Nancy où il ne laisse que des regrets : « Chef d’état-major parfait, homme du monde apprécié pour sa courtoisie et son urbanité, il jouissait ici, tant dans la population civile que dans l’armée, de l’estime et de l’affection de tous ». Après deux ans passés à la tête de la 33e brigade, il est placé au commandement par intérim de la 17e division d’infanterie, à laquelle elle appartient, puis, le 16 janvier 1914, de la 39e division, d’abord par intérim et, le 4 juillet, comme général de division, à titre définitif.

         Au mois d’août 1914, à la tête de sa division, il participe à l’offensive de Lorraine, qui se solde par l’échec de la bataille de Morhange (14-20 août). La mort de l’un de ses fils, tué  à l’ennemi, l’atteint cruellement mais, « après quelques jours de grande tristesse, écrit le général Balfourier, (il) a fait les plus louables efforts pour se ressaisir complètement et a déployé une sérieuse activité ». Relevé de son commandement le 18 novembre 1914, il est nommé, le 15 février 1915, à la tête de la 100e division d’infanterie territoriale constituée dans la zone sud du camp retranché de Paris.

         Le 23 juin, il reçoit le commandement de la 124e division d’infanterie. Mais il ne s’est pas remis moralement de la mort de son fils, et ses supérieurs doutent qu’il puisse encore commander une grande unité devant l’ennemi. Il est relevé de son commandement le 23 février 1916, et mis en disponibilité le 23 mai suivant. Le 12 août 1917, le ministre de la Guerre le nomme à la tête de la 13e région à Clermont-Ferrand. Placé dans la 2e section le 29 mars 1918, mais maintenu dans son commandement, il est relevé et replacé dans la section de réserve du cadre de l’état-major général le 25 mai 1919. Le général Dantant meurt à Tours le 8 novembre 1925.

Commenter cet article