Charles Feldmann (1846-1929)

Publié le par La Lorraine et ses grands soldats

 

         Né à Metz le 18 janvier1846, Cahrles Fledmann entre le 1er novembre 1866 à l’Ecole Polytechnique (dont il sort classé 44e sur 134). Il intègre l’Ecole d’Application de l’artillerie et du génie de Metz le 1er octobre 1868. Après y avoir passé deux ans et s’être classé 2e sur 50 aux examens de sortie, il est affecté le 24 juillet 1870 comme sous-lieutenant à la 5e batterie du 1er régiment d’artillerie montée, unité rattachée à la 2e division du 4e corps de l’armée du Rhin. Il prend part aux batailles de Borny (14 août), de Rezonville (16 août) et de Saint-Privat (18 août), bataille au cours de laquelle il est blessé par un éclat d’obus qui lui fracasse la main droite. Le 1er octobre, il est nommé lieutenant en second. Fait prisonnier à la capitulation de Metz, il n’est pas emmené en captivité et demeure dans la ville en raison de sa blessure, sans toutefois obtenir des Prussiens le sauf-conduit qui lui permettrait de rentrer en France. Vers le milieu du mois de décembre, il quitte clandestinement Metz pour la Belgique, et rentre en France en passant par Lille. Le froid aggravant sa blessure, il est embarqué à Calais et gagne Bordeaux, et se trouve affecté comme lieutenant en premier au dépôt du 19e régiment d’artillerie à cheval (2 janvier 1871). Le 7 février, il est promu capitaine en second à titre provisoire à la 23e batterie, et rejoint à Bourg-en-Bresse la division de cavalerie du corps d’armée du général de Languerne. Le 30 mars, il rentre à Valence avec sa batterie, puis est mis le 19 mai en non activité par suppression d’emploi. Dix jours plus tard il est nommé capitaine en second à l’état-major particulier de l’artillerie et classé à la Manufacture d’armes de Saint-Etienne. Il est maintenu dans son grade de capitaine en second par décision de la commission de révision des grades du 26 décembre 1871, pour prendre rang du 1er octobre 1871. C’est à Saint-Etienne, le 20 juin 1872, qu’il opte pour la nationalité française.

         Au début de 1873, ayant retrouvé l’usage de sa main droite, il remet au directeur de la Manufacture un mémoire d’ensemble sur la fabrication des armes. Le 2 mars, il est nommé adjoint à la direction d’artillerie de Besançon (10e régiment d’artillerie), et prend une part très active aux travaux d’armement de la place. Aide de camp du général de Vassoigne le 23 avril 1874, il est classé au 5e régiment d’artillerie, puis à l’état-major particulier de l’artillerie (1er mai 1875) et de nouveau, le 5 juin 1875, à la direction d’artillerie de Besançon, jusqu’au 4 octobre. Le 24 janvier 1876, il est nommé aide de camp du général Gresset, commandant l’artillerie du 7e corps d’armée puis membre du comité technique de l’artillerie. Il est noté comme un « officier d’élite, d’une grande intelligence et d’une instruction des plus sérieuses (et qui) aime son métier ».

         Le 30 décembre 1880, le capitaine Feldmann est nommé au commandement de la 3e batterie du 5e régiment d’artillerie. Le 19 janvier 1883, il est classé avec son grade à l’état-major particulier de l’artillerie et retourne comme aide de camp auprès du général Gresset. Il le reste jusqu’au mois d’avril 1885, date à laquelle il est désigné comme adjoint au secrétaire du Comité de l’artillerie, le colonel de Lavalette. Le 13 mai, il est promu chef d’escadron. Le 26 décembre 1891, il est nommé lieutenant-colonel au 16e régiment d’artillerie, où durant quatre ans il fait montre de ses qualités de commandement, notamment durant les six semaines où, à la fin de 1893, il assure l’intérim de son chef de corps. Le 5 octobre 1895, il est nommé commandant en second de l’Ecole d’Application de l’artillerie et du génie, et le 30 décembre suivant est promu au grade de colonel. Le 11 janvier 1896, il est désigné comme secrétaire du Comité technique de l’artillerie et directeur de la section technique de l’arme, à la demande de son président, le général Nismes. Celui-ci écrit dans un rapport du 1er juillet 1896 : « Toutes les espérances que je fondais sur lui se sont réalisées. Dès le premier jour, il a fait preuve de toutes les qualités nécessaires : intelligence vive, jugement sûr, caractère ferme et bienveillant, amabilité, tact, ordre et méthode, connaissances techniques variées, connaissances administratives complètes » ; et d’ajouter quelques mois plus tard, à l’issue des exercices de tir d’artillerie de Châlons : « Grande aptitude au commandement… Officier supérieur d’élite. A pousser le plus vite et le plus loin possible ».

         Le 16 avril 1898, le colonel Feldmann reçoit le commandement du 12e régiment d’artillerie à Vincennes. Au mois de novembre 1900, il fait partie de la commission de modification du règlement de manœuvre d’artillerie. Le 16 mai 1901, il est promu général de brigade et placé dans la disponibilité à l’état-major général. Le 15 juin, il est désigné, avec les généraux Allard, gouverneur de Lille, et Berthier, gouverneur de Langres, membre du jury d’examen de sortie des officiers élèves de deuxième année de l’Ecole d’Application de l’artillerie et du génie, et président du jury chargé des examens de fin d’année des lieutenants d’artillerie de la division d’instruction de la même école. Le 12 octobre, il se voit confier le commandement de l’artillerie du 6e corps d’armée, et un an plus tard, le 7 octobre 1902, celui de la 83e brigade  d’infanterie (42e division) et de la subdivision de Châlons-sur-Marne. Lors des manœuvres du 6e corps d’armée à l’automne de 1904, il commande durant deux jours la 42e division, à la grande satisfaction du commandant de celle-ci, le général Michel, qui écrit, le 15 avril 1905 : « Est tout préparé pour le commandement d’une division d’infanterie, qu’il exercera avec beaucoup de distinction, d’entrain, de vigueur et de tact ». Des qualités dont est témoin le roi d’Espagne Alphonse XIII, qui assiste aux manœuvres avec cadres de la 42e division en 1905.


         Le 25 mars 1906, le général Feldmann est nommé gouverneur de Lille, et le 24 juin est promu divisionnaire. Le 7 juin 1907, il est placé au commandement supérieur de la défense du camp retranché et de la place de Paris. C’est à ce titre qu’en 1910 il accompagne le président de la République du Brésil, le maréchal Hermès da Fonseca, aux manoeuvres de Picardie. Disponible le 1er janvier 1911, il est placé dans la section de réserve le 18. Le 9 août 1912, il est désigné pour commander la 3e région en cas de mobilisation. Il prend son commandement à Rouen le 4 août 1914. Il est relevé de celui-ci le 20 septembre, et replacé dans la section de réserve le 1er janvier 1915.

       
          Le général Feldmann meurt à Versailles le 18 juin 1929.

        

 

 

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